Laure Coanus : “je ne pense pas que ce soit plus compliqué d’être une femme arbitre…”

20 janvier 2021

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Laure Coanus, 25 ans, arbitre dans la passerelle entre la ProB et la Jeep Elite mais aussi depuis 4 saisons régulièrement en Ligue féminine et vient d’arbitrer en novembre dernier, la finale de la Leader’sCup ProB ! Pour elle, être une femme arbitre, n’est pas plus dur que ses homologues masculins comme elle nous l’a confié. Malgré son emploi du temps chargé avec son travail à côté, Laure Coanus a accepté gentiment de répondre à nos questions sur son parcours, sur la situation actuelle des matchs et sur ses objectifs !

Photo : Christophe Canet

Salut Laure, peux-tu te présenter en quelques lignes ? Qui es-tu ?

“Bonjour, Je m’appelle Laure Coanus, j’ai 25 ans, j’habite dans la région d’Annecy et je travaille pour la ville de Cluses en tant que conseillère en prévention des risques professionnels – ergonome. Je suis passionnée de sport, plus particulièrement du basket bien entendu, mais aussi de ski alpin et de randonnée.”

Parles nous de toi, de ton parcours dans le basket, dans l’arbitrage ?

“J’ai commencé le basket à l’âge de 6 ans et j’étais dans un club de ski alpin jusqu’à l’âge de mes 10 ans (après il a fallu faire un choix et j’ai fait celui du ballon orange !). Lors de mes années minimes, j’intègre le Pôle Espoirs de Voiron et j’évolue au club de Challes-les-Eaux en minimes France (pendant ma première année, nous sommes championnes de France). Pendant ma 1ère année cadette, j’évolue au club de La Tronche Meylan en cadette France, NF3 et je m’entraine avec la NF1. Cette saison est rapidement terminée lorsque je me blesse gravement à la cheville. La saison suivante, je décide de rejouer en région et je me lance dans l’arbitrage. Jusqu’à mes 23 ans j’ai joué entre la Pré nationale et la NF3.”

Qu’est ce qui t’a motivé à devenir arbitre ?

Après avoir passé plus de deux ans à m’entrainer quasiment tous les jours en tant que joueuse et du jour au lendemain être privée un long moment des terrains, m’a fait beaucoup réfléchir. Après ma rééducation intensive, j’ai souhaité découvrir un autre aspect de ma passion. J’avais déjà un peu entrainé, notamment en sélection départementale du Comité de Savoie, mais je me suis vite rendu compte que je n’étais pas assez patiente avec les jeunes. J’ai donc tenté l’arbitrage et je me suis très vite prise au jeu !”

Est ce plus compliqué à être arbitre quand on est une femme, pour se faire respecter par exemple ?      

“Personnellement, je ne pense pas que ce soit plus compliqué d’être une femme arbitre. Bien entendu, on peut parfois rencontrer plus de difficulté qu’un homme, par exemple lorsque l’on arrive dans une nouvelle division, les coachs nous testent peut-être d’avantage que nos homologues masculins. Mais pour surmonter cet « obstacle », il faut tout simplement arbitrer, ce qui est dans nos zones de responsabilité, montrer que si nous sommes dans cette division, c’est que nous le méritons. Et surtout, il ne faut pas avoir peur de répondre aux sollicitations directes des coachs envers nous, il faut montrer que nous aussi, nous pouvons avoir du caractère, mais tout en restant soi-même.” 

A quel niveau arbitres tu ?

“C’est ma deuxième saison dans la passerelle entre la ProB et la Jeep Elite et j’arbitre depuis 4 saisons régulièrement en Ligue féminine !”

Photo : Christophe Canet

Tu viens notamment d’arbitrer en novembre dernier, la finale de LeadersCup de ProB entre Fos et Quimper, comment as-tu vécu ce match en tant qu’arbitre ?

“Avec le petit stress d’un match de finale bien-sûr ! J’étais vraiment contente de siffler avec Benjamin BOURY (l’une des personnes qui m’a formé depuis mes débuts dans l’arbitrage) et avec Olivier MACCARIO, je pense que nous avons tout les 3 pris beaucoup de plaisir sur ce match. Sur le plan sportif, nous avions senti que le jeu n’était pas le même que d’habitude, moins rapide et avec peut-être un peu plus d’erreurs techniques par le manque de matchs pratiqués par les deux équipes et surtout des joueurs absents dû à la Covid-19 (Fos notamment). Mais malgré le contexte sanitaire, même sans public, on a toujours à cœur de donner le meilleur de soi-même en tant qu’arbitre. Nous sommes au service du jeu et nous faisons en sorte que la meilleure équipe remporte la finale. Bien sûre, il y a des choses à améliorer sur notre prestation, mais dans l’ensemble nous avons fait un match correct et l’équipe qui devait gagner à gagner.

Comment gères-tu cette situation actuelle justement ? Quel est le plus dur ?

“Je dirais que le plus dur, c’est l’irrégularité des matchs depuis le début de la saison (parfois 1 match toutes les 3 semaines) Nous sommes comme les joueurs, nous avons besoin d’être en rythme, cela nous aide à performer. Nous avons tous eu beaucoup de nos matchs reportés entre le début de la saison et le 2ème confinement, où seulement que quelques matchs se sont joués. Il a fallu pendant cette période apprendre à gérer cette « frustration », c’est notamment l’un des travails que j’ai effectué avec ma préparatrice mentale en début de saison. J’ai profité donc de cette période avec moins de matchs pour travailler d’avantage le code de jeu, je regarde beaucoup de matchs (Euroleague et ACB en particulier) et je m’entretiens beaucoup physiquement (course à pieds et cross-Fit notamment), en ayant pour objectif d’être la plus préparée possible pour les matchs que j’ai la chance d’arbitrer en ce moment.”

Qu’est-ce qu’un bon arbitre selon toi ? Arrives-tu (habituellement) à gérer la “pression” du public ?       

Un bon arbitre pour moi, c’est avant tout être au service du jeu. Être capable de prendre des décisions fortes, mais nécessaires pendant un match. C’est savoir être cohérent sur les décisions que l’on prend pendant toute la durée d’une rencontre. C’est également être à l’écoute des acteurs, lorsque cela est utile pour le game management. Et la chose la plus importante, c’est de savoir se remettre en question encore et toujours, continuer de perfectionner ses acquis et bien évidemment, travailler dur pour améliorer ce qui est perfectible.

Plus le temps passe, moins je ressens moins cette pression du public. Cependant, suivant le contexte de certains matchs, une décision litigieuse, ou une erreur de jugement, contre l’équipe locale peu parfois entrainer une bronca générale de la part du public. Il faut alors réussir à gérer cette forte pression supplémentaire à l’instant T et se concentrer sur les prochaines actions afin de prendre les bonnes décisions. Mais ce n’est pas toujours évident, je me souviens d’un match au Portel la saison dernière où mon 1er coup de sifflet du match a été une intervention contre le meilleur joueur du Portel, j’ai eu droit à une huée générale et après il a fallu que je me remette mentalement dans le match. Ce n’est pas pour rien que cette salle est appelée « Le Chaudron » ! Ces ambiances dites « chaudes » nous manquent aujourd’hui…”

Quels sont tes objectifs à court et long terme ?

Mon objectif à court terme est d’être validée dans le groupe Jeep Elite pour la saison 2021-2022. A long terme, ce serait une belle carrière en Jeep Elite et pourquoi d’arbitrer les grandes compétitions internationales (Jeux Olympiques et Championnat du Monde !)”

Un grand Merci à Laure pour cette interview !

Crédit photos : Christophe Canet

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Auteur
Mallory

Mallory

Passionné par le sport et la communication sportive, Mallory est depuis 2014 responsable du site 5by5.fr. N'hésitez-pas à le contacter pour une demande d'interview ou pour toutes autres demandes en rapport avec 5by5 !