À la rencontre d’Alexandre Cadu, vice-président de l’Hippodrome de La Roche-Posay. À quelques jours de la dernière réunion de la saison, prévue le dimanche 13 septembre, il revient avec 5by5 sur son parcours, sa passion et son rôle au sein de l’hippodrome.
Il nous partage également sa vision, ses projets et surtout ses ambitions pour l’avenir de ce lieu emblématique de la Vienne.
Une rencontre entre passion, engagement et volonté de faire grandir encore l’Hippodrome de La Roche-Posay.

Bonjour Alexandre. Tu as un parcours assez atypique, entre le droit, la politique locale et le monde hippique. Comment pourrais-tu parler de ta vie et de ton parcours en général ?
« Bonjour à toutes et à tous. J’ai surtout le parcours de quelqu’un qui est profondément ancré dans le territoire où il a grandi. J’ai grandi à Saint-Georges-lès-Baillargeaux, j’ai fait mes études à Poitiers et je me suis ensuite engagé ici, aux courses de La Roche-Posay.
Je suis donc très attaché à ces endroits qui ont marqué mon parcours. L’hippodrome en fait partie, et c’est pour cela que je m’engage et que je continue à m’investir aux côtés des bénévoles de cette équipe. »
Comment as-tu découvert les courses hippiques, jusqu’à en devenir aujourd’hui vice-président de l’Hippodrome de La Roche-Posay ?
« J’ai toujours monté à cheval. J’ai commencé à poney vers 5 ou 6 ans, puis je suis passé à cheval. C’est dans cet univers que j’ai rencontré des personnes qui, de par leur histoire familiale, possédaient des chevaux de course ou étaient issues de familles qui avaient des élevages de chevaux de course.
C’est comme cela que j’ai découvert cet univers. J’ai eu la chance de découvrir les courses par la grande porte, puisque j’ai commencé par l’hippodrome d’Auteuil, lors de grandes journées de courses comme le Grand Steeple-Chase de Paris.
Je suis ensuite venu régulièrement à La Roche-Posay. Au fil des rencontres, j’ai rencontré le président, qui m’a proposé de m’investir. J’ai progressivement pris des responsabilités, jusqu’à devenir vice-président aujourd’hui.«
Tu es donc vice-président. Bravo à toi ! Quel est exactement ton rôle ?
« Je suis effectivement vice-président. Nous sommes deux vice-présidents aux côtés du président.
De mon côté, je m’occupe principalement de tout ce qui est opérationnel autour des courses, c’est-à-dire tout ce qui concerne directement l’organisation sportive et technique.
À l’hippodrome, nous accueillons également du public pour déjeuner, nous avons des buvettes, des parkings à gérer… L’organisation est donc très complète.
Pour ma part, je m’occupe davantage de tout ce qui tourne autour des courses : les conditions de course, l’aspect sportif et technique, ainsi que la gestion et l’entretien des pistes avec notre employé.
Il n’y a d’ailleurs pas que les courses à l’hippodrome : nous avons également beaucoup d’animations autour des journées de compétition. »
« En réalité, c’est ce que je disais tout à l’heure. J’ai intégré cette équipe parce que le président m’a fait confiance. J’ai d’abord intégré le conseil d’administration, puis je suis devenu vice-président.
On parle de toi pour devenir prochainement président. Quelle est ta réaction face à cette possibilité ?
« En réalité, c’est ce que je disais tout à l’heure. J’ai intégré cette équipe parce que le président m’a fait confiance. J’ai d’abord intégré le conseil d’administration, puis je suis devenu vice-président.
C’est lui qui m’a en quelque sorte désigné. Les statuts des sociétés de courses prévoient une limite d’âge à 75 ans et c’est donc lui, avec le reste de l’équipe, qui a considéré que j’étais sans doute bien placé pour lui succéder l’année prochaine.
Pour ma part, je n’en fais pas un enjeu personnel, mais plutôt un enjeu collectif. Si l’équipe considère que je dois devenir président, je prendrai mes responsabilités, comme je l’ai toujours fait en m’investissant ici.«
J’imagine que c’est une fierté pour toi, Alexandre ?
Oui, je suis très heureux de pouvoir avoir la confiance d’une équipe soudée, une équipe que le président actuel a constituée.
Je suis arrivé alors que j’étais encore très jeune dans cet univers. J’ai souvent entendu, notamment dans le monde sportif et associatif, qu’il fallait faire de la place aux jeunes et leur permettre de s’engager.
Mais dans la réalité, lorsqu’on est jeune et que l’on souhaite s’impliquer, ce n’est pas toujours évident. Au début, on peut rapidement être cantonné à certaines tâches : « Le jeune va faire ça, mais qu’il n’en fasse pas trop. »
Moi, j’ai eu la chance d’intégrer une équipe dans laquelle on m’a progressivement accordé de plus en plus de confiance.
C’est évidemment une fierté, mais c’est surtout le signe que l’équipe fonctionne bien.
Tu as connu des univers assez différents, notamment à travers tes études et ton activité d’avocat, ton rôle dans les courses, mais aussi ton implication dans le milieu politique. Qu’est-ce que ces différentes expériences t’apportent ?
Je vais peut-être donner une réponse similaire à la précédente, mais pour moi, la dimension humaine et la notion d’équipe sont vraiment capitales.
Humainement, on rencontre régulièrement les mêmes personnes, notamment avec le public. On commence à reconnaître certains visages et à créer des liens.
Je pense surtout à la force de notre équipe de bénévoles, qui est toujours présente et qui joue un rôle essentiel dans la vie de l’hippodrome.
Qu’est-ce qui t’a motivé à t’investir autant à l’hippodrome ?
Tu as cité deux ou trois éléments de mon parcours. J’ai toujours eu l’habitude de m’engager et de prendre mes responsabilités là où j’allais.
Fatalement, une fois que j’ai mis un pied ici et que l’on m’a confié des missions et des responsabilités, je les ai assumées.
Après m’avoir fait confiance, il aurait été un peu malvenu que, le jour où l’on me dise : « Alexandre, c’est peut-être à toi de succéder au président », je réponde que je n’en ai pas envie parce que je suis jeune ou que j’ai d’autres choses à faire.
J’ai donc pris mes responsabilités dans ce cadre, comme je l’ai fait dans d’autres domaines.
Et cela me fait plaisir. Nous avons un très bel endroit, dans un très beau cadre, avec une très belle ambiance. J’ai envie de faire perdurer tout cela.«

Quand tu arrives un jour de courses, que regardes-tu et que fais-tu en premier ?
« Comme je m’occupe principalement de tout ce qui tourne autour des courses, je viens même avant la journée de compétition, souvent la veille ou deux ou trois jours avant, mais également le matin même.
Lorsque j’arrive, la première chose que je fais, c’est de faire un petit tour et de saluer tous les bénévoles.
Les bénévoles sont généralement présents dès 8 heures du matin pour tout mettre en place, installer les barnums, préparer les buvettes, etc.
Je fais donc d’abord un tour de l’équipe, puis je vais voir les pistes. Je regarde dans quel état elles sont, notamment s’il a plu pendant la nuit, afin de me faire une idée des conditions de piste le jour J.
Ensuite, j’installe la documentation nécessaire pour les commissaires.
À ce moment-là, je me mets véritablement en mode « course » et gestion de la journée. Puis, au cours de l’après-midi, tout s’enchaîne.«
Tu es également commissaire, Alexandre. Comment cela se passe-t-il ?
« Je suis commissaire lors de certaines journées où j’officie. Le dimanche 9 août, par exemple, j’ai remis des prix, mais je n’étais pas commissaire. J’ai en revanche été commissaire un dimanche à la fin du mois de juillet, sur l’hippodrome du Lion-d’Angers.
Cela fait partie des éléments importants de mon engagement.
Lorsque je suis entré au conseil d’administration, le président a souhaité que je devienne commissaire. J’ai donc passé l’examen de commissaire à Paris, pour le trot et le galop.
Les commissaires sont généralement trois ou quatre les jours de course. Ils sont, en quelque sorte, les arbitres des courses.
Ils vérifient notamment que la course se déroule correctement et que chaque cheval est en mesure de livrer sa meilleure performance sportive.«
Alexandre, l’Hippodrome de La Roche-Posay a fêté son centenaire en juillet. Félicitations ! Si tu devais faire un bilan, j’imagine qu’il est très positif ?
« Des associations qui arrivent jusqu’à 100 ans, il n’y en a pas énormément dans le monde sportif. Il existe quelques exemples, mais ce n’est pas si fréquent.
C’est donc forcément très positif. Nous avons essayé de souligner ce passage de cap avec la journée du 18 juillet 2026.
Nous avions organisé plusieurs animations et nous avons accueilli plus de 2 000 personnes sur l’hippodrome, soit davantage que lors de nos journées habituelles. »
Quels sont les projets pour l’hippodrome dans les deux ou trois prochaines années ?
« Les projets pour l’hippodrome, en ce qui me concerne, consistent avant tout à faire perdurer l’outil dans lequel je me suis investi aujourd’hui, notamment en termes de qualité de piste et de qualité d’accueil des visiteurs, des professionnels et des chevaux qui concourent.
Nous pourrions avoir des projets structurants. Le rond, par exemple, au milieu duquel nous nous trouvons actuellement, a été entièrement refait il y a deux ans. Il est aujourd’hui tout neuf.
Nous essayons donc toujours d’améliorer les choses et d’avoir de nouvelles idées.
Après, financièrement, comme pour toutes les associations, cela devient de plus en plus compliqué. Nous n’avons donc pas de projet pharaonique pour les prochaines années, mais nous avons toujours des idées d’investissement.
Nous investissons notamment dans nos outils destinés à l’entretien des pistes.
Je n’ai pas de projet phare à annoncer aujourd’hui, mais nous essayons toujours d’avoir des idées pour améliorer l’hippodrome.«
Qu’est-ce que l’on pourrait te souhaiter pour les années à venir ?
« Exactement ce que je viens de dire : que tout cela perdure de la meilleure façon possible, et que nous conservions une équipe dynamique.
Pourquoi pas faire entrer quelques personnes un peu plus jeunes dans cette équipe, capables de s’intégrer à un groupe soudé, parce qu’il l’est vraiment. Il faut surtout que cela continue comme ça. »






