Le football, le tennis, puis le triathlon, avant de faire il y a quelques mois seulement, L’Ironman d’Hawaï, et pourtant rien, ne prédestinait ce sportif à opter pour trois disciplines. A l’âge de 40 ans, après vingt-cinq années en tant que gardien de but dans l’équipe de foot de Neuville-de-Poitou, il se met à courir, puis à faire du vélo. Il a 43 ans lors de son premier triathlon. « J’ai nagé 20 minutes avec un copain la veille de la compétition, histoire de me remettre à l’eau ». Depuis, il a évolué, et il savoure l’excitation que lui procure ce sport : la gestion d’efforts très différents et le côté inattendu de chaque épreuve. Pour 5by5, il raconte, son parcours, L’Ironman d’Hawaï, et ses objectifs.

Salut Pascal, peux-tu te présenter en quelques phrases ? Qui es-tu ? Quel est ton parcours sportif ?
« Bien sûr, Pascal Cassez et j’ai 26 ans cette année. Non, je plaisante, 56 ans malheureusement. Je pratique le triathlon depuis 13 ans, j’ai commencé assez tard. Avant ça, pratiqué pendant 26 ans le foot à Neuville, même si je n’ai pas marqué les esprits là-bas (rire). On ne peut pas dire que ce sport était mon sport de prédilection. Mais bon, je ne regrette absolument pas, j’ai conservé des amis de longue date qui étaient des coéquipiers et je garde de bons souvenirs de matchs et d’après match. C’était une belle époque. »
Un mot par rapport à ton parcours en général ?
« Sur le plan sportif, sans compter le triathlon, j’ai aussi fait 5 ans de tennis. Et puis le hasard des rencontres a fait que je suis allé un soir au Pictave pour courir et ça a été le déclenchement de 15 ans de course à pieds, puis le vélo et puis la natation. J’ai rassemblé tout ça pour faire du triathlon. »
Qu’est-ce qui te plaît dans le triathlon ?
Le triathlon, c’est la gestion de trois sports et ce n’est pas monotone. J’ai commencé à 40 ans par la course à pied. A l’époque c’était un rythme de 2, puis 3 puis 4 entraînements par semaine. Au bout d’un moment j’ai commencé à éprouver moins de plaisir que dans les débuts. C’était toujours la même chose : courir, courir, courir. Et toujours les mêmes courses. Le hasard m’a fait rencontrer le dirigeant d’une équipe professionnelle de vélo, qui est devenu un ami, et qui nous a fait découvrir avec un autre ami, ce milieu. Alors on a acheté un vélo, on a commencé à faire des sorties et puis un jour on s’est dit : Il y a un petit triathlon pas très loin, en Touraine, à Nouâtres (qui est un des plus vieux triathlons de France d’ailleurs) pourquoi ne pas y aller ? Nous sommes allés nager 50 mètres et ça nous a suffit pour nous dire que nous savions nager et participer à ce triathlon. Donc nous y sommes allés avec mon pote et mon éternel binôme, Richard. On était 250 au départ (on appelait ça à l’époque : un triathlon « Découverte ») et puis il se trouve que sur 250 on a fini dans les 20 premiers et là on s’est dit « waouh » c’est ce sport qu’il faut faire. Et 13 ans plus tard, c’est toujours la même passion et beaucoup de bons moments vécus ensemble. »
Peux-tu nous dire quelques mots sur ton club, le nombre de licenciés et comment ça se passe en général ?
‘J’ai d’abord passé une dizaine d’années au Stade Poitevin Triathlon, car c’était le club phare du coin. Et puis il y a 4 ans, à Neuville, s’est créé l’AC Neuville Triathlon que j’ai donc rejoint puisque Neuville. Le club s’est crée sur une idée de Christophe Bret, Président de l’AC Neuville vélo. A Neuville il y a le CA Pictave (club de course à pied), le CNN (club de natation de Neuville) et l’AC Neuville (club de vélo de Neuville), ces trois clubs reconnus et réputés dans leur domaine respectifs. Le Président du club de vélo, Christophe, a décidé de créer un club de triathlon pour lier ces 3 disciplines. On a commencé par être une dizaine, puis une vingtaine, puis une trentaine l’année dernière. Et aujourd’hui, je crois qu’on ne doit pas être loin de 45 membres. Tout ça dans une ambiance très sympa. C’est un vrai plaisir d’en faire partie. »

Pascal, tu as fait du foot, du tennis, du triathlon. Quel bilan tu pourrais faire de ton parcours dans le sport ?
« Alors, mon bilan footballistique n’est pas dingue. Je ne pense pas qu’on se rappellera de moi comme étant un élément indispensable ayant marqué l’histoire du CAN(rires). Mais l’essentiel n’était pas là, il était de passer des bons moments avec mes potes. Le foot est un sport collectif, ça t’apprend pas mal de choses sur la vie, j’ai beaucoup de bons souvenirs.
J’étais gardien et j’avais quelques qualités de souplesse, mais au niveau de l’endurance, on ne peut pas dire que je me sois fatigué pendant ces 25 ans. C’est peut-être ce qui fait que j’étais plutôt frais quand j’ai commencé le triathlon à 45 ans. Je ne m’étais pas usé d’avoir arpenté en long et en travers les terrains de foot de la région. »
L’Ironman d’Hawaï, c’est un peu le Graal du triathlon. Tout le monde rêve de le faire un jour…
Maintenant, évoquons un moment important dans ta carrière. Tu as fait plusieurs Ironman, dont l’Ironman à Hawaï. Est-ce que tu peux nous parler de comment tu as géré l’avant, le pendant et l’après ?
« L’Ironman d’Hawaï, c’est un peu le Graal du triathlon. Tout le monde rêve de le faire un jour. C’est mythique. C’est l’IROMAN ! J’ai eu la chance de pouvoir le vivre. Je suis allé me qualifier sur un Ironman en Floride il y a deux ans. Tous les ans, Il y a une centaine d’Ironman dans le monde sur lesquels tu peux te qualifier pour Hawaï. Ils segmentent les sélections par catégories d’âge qui regroupent chacune entre 200 et 300 triathlètes. Pour pouvoir se qualifier, il faut être dans les 3 ou 4 premiers. Ensuite, un fois qualifié, les portes sont ouvertes pour Hawaï. Donc grossièrement, on est à peu près 30 000 au départ et seulement 300 par an et tous les deux ans à pouvoir y aller. C’est donc assez compliqué d’y aller. De plus, le niveau n’arrête pas de monter et les gens s’entraînent vraiment comme des professionnels, jusqu’à 25 heures par semaine et beaucoup ont un coach personnel, et ce, quelque soit l’âge. Concernant la course j’ai eu le temps de la préparer puisque je me suis qualifié deux ans auparavant. Malheureusement et je l’expliquerai tout à l’heure, c’est une course ou l’entraînement compte pour 50%, l’autre moitié sont tous les a côtés, à savoir, l’acclimatation, le décalage horaire, le stress, la fatigue, l’alimentation, tout ça c’est vraiment extrêmement important. Moi j’ai eu l’impression d’avoir fait une bonne préparation, j’ai été sérieux, je me suis mis de gros entraînement, en revanche je pense avoir mal géré les a côtés.
Pour rappel, un Ironman c’est 3.8 km en mer, 180 kms de vélo et un marathon à la fin, histoire de mieux dormir le soir( rires).C’est une épreuve qui dure environ 9h30 à 10h30.
J’ai été malade dès le début de la natation, au bout de 30 min, cela ne m’étais jamais arrivé.
Je sentais que ça n’allait pas, je n’avais pas de force, il restait 10h d’effort à faire derrière…
J’étais conscient que j’allais au devant de grave ennuies…. Mais hors de question d’abandonner même si je devais finire à 4 pattes… (rires).
Je suis sorti après la natation très fatigué, je n’ai même pas pu prendre un gel, impossible d’avaler quoique ce soit. Je partais pour 180 kilomètres de vélos sans rien dans le ventre, j’ai vécu un enfer pendant 6h. Pas de force, je ne pouvais boire que du coca mais au bout de 100 kms, je saturais… A 10 kilomètres de l’arrivé (170 eme des 180 kms), j’ai même eu peur, je commençais à voir des étoiles, ça me tournait la tête, j’avais peur de tomber du vélo. C’est la premier me fois que je ressentais une telle défaience… Je me suis carrément arrêté sur la « Queen avenue », assis contre une rambarde de 4 voies à me demander ce qu’il m’arrivait.
Je me suis arrête 10 minutes, une éternité dans une course, certainement parce que de là où j’étais, un endroit qui surplombe la mer, la vue est magnifique, on voit Kona au loin (l’arrivée), les palmiers, le Pacifique… Une Dame de l’organisation vient me voir et me dit « hey sir, you want to give up, help? »… Quelle me reconnaisse en m’appelant « Sir » (petite blague avec mes amis) m’a remis en jambe, abandonner ? NEVER ! (rires).
C’est bizarre, malgré tout j’en garde un excellent souvenir, J’en rigole maintenant mais sur le moment…«

Et pourtant Pascal, malgré ces conditions là tu es parvenu à remonter la pente si je peux dire ça ainsi pour finir dans les trente meilleurs sur 300. Donc c’est comme un exploit.
« C’est un peu étonnant, je t’avouerai que lorsque j’étais assis à coté de mon vélo au 170ème kilomètres et que je m’imposais quelques calculs mathématiques pour voir si j’avais encore toute ma lucidité, 3 fois 3 = 14 (rires), je ne me voyais vraiment pas finir la course…J’ai fini les 10 derniers kilomètres comme je pouvais, ça ressemblait à une ballade familiale dominicale en byciclette losqu’on va au marché ( rires).
A T2 (transition entre le vélo et la course à pied), J’ai pris le temps de m’alimenter, j’ai mangé beaucoup de salé, des choses dont j’avais envie, chips, oranges etc… j’avais éteint ma montre chrono dés le début du vélo, je ne voulais plus voir ma vitesse moyenne c’était trop déprimant.
Si je l’avais gardé, je crois que j’aurai abandonné. Je suis donc parti sur le marathon à la sensation, sur des allures qui ne me mettaient pas dans le rouge. Je ne savais pas à quelle vitesse je courais mais je commençais à a voir de bonnes sensations, je doublais du monde, je trouvais mon allure correcte. Je pense que de ne pas avoir appuyé en vélo (c’est le moins que l’on puisse dire), m’a permis de garder des forces. Je sors 125ème en vélo sur 300 et je remonte une centaine de personne sur le marathon, je termine 27ème en 3h18, un très bon temps.
Objectivement, je ne sais pas comment je sors ce chrono… J’ai déconnecté de la course, j’étais à Hawaï, je regardais les gens, les routes mythiques, les Pros que je croisais, les quelques connaissances que je saluais, le paysage, lamer, etc…Je me suis sorti un peu de ma course pour profiter.
Le départ de mon groupe d’âge fût le dernier, J’ai donc eu la chance d’attaquer le marathon en fin d’après midi où il avait 5/6 degrés de moins et moins d’humidité. La nuit tombe rapidement et on a même eu un petit peu de pluie, je me suis revu dans mes entraînement du Haut Poitou. (rires) »
Maintenant si on doit faire un bilan, quelques mots par rapport à cet Ironman à Hawaï. C’est plutôt positif j’imagine pour toi ?
« Oui, c’est forcément positif quand tu as la chance d’aller à Hawaï.
Bon il y a la course effectivement qui fait rêver mais il y a son histoire, son paysage, sa lumière, ce sont les vacances (rires). Et puis tu es dans le film, tant de reportages vus à la télé sur ce fameux Ironman, la plage du départ, la ligne d’arrivée noir de monde sur 1 km c’est une dinguerie, les rues, le fameux « Energy Lab », « Ali’i Drive », La « Queen K».
Ce qui est top dans le triathlon est qu’il est un des rares sports où tu peux participer à un Championnat du monde avec les professionnels, des sportifs que tu ne vois qu’à la TV, c’est quand même bluffant :-). Tu es sur la même ligne de départ que les Sam Laidlow, , Kristian Blummenfelt (vainqueur JO de triathlon), etc… Tu ne termines pas avec eux bien sûr.(rires).
La petite déception sera la partie vélo, théoriquement la discipline où je dois rattraper le plus de monde, durant laquelle j’ai été totalement inexistant. J’avais pour ambition d’être dans les 10 premiers mais je n’ai pas pu le faire.«
Maintenant c’est quoi l’ambition pour 2025 Pascal ?
Alors pour 2025… A BLOC ! (rires)
Il y a deux circuits dans le triathlon, le circuit « Ironman » qui est le plus emblématique et tu as aussi le circuit des fédérations internationales sur lequel tu as un championnat de France, un championnat d’Europe et un championnat du Monde. Je vais donc retourner sur les championnats de France sur lesquels j’ai déjà 2 titres, Duathlon court et longue distance.
C’est toujours sympa de se frotter à ce qu’il se fait de mieux, c’est une bonne pression (rires).
Je pense que j’irai faire les championnats du monde de Duathlon en Pologne et championnat du monde de triathlon longue distance en Espagne.
Et il y aura le Championnat du monde Half Ironman à Marbella en Espagne pour lequel je suis déjà qualifié le 9 novembre prochain, le jour de mon anniversaire ;-).
Et puis pleins de petites épreuves régionales avec mes potes. J’aime beaucoup les épreuves par équipes, c’est fédérateur, il se passe plein de choses, on garde de bons souvenirs. Tu pars par équipe de cinq et tu essaies d’arriver au minimum à trois, si tu es le moins fort de l’équipe, tu passes un très très mauvais moment (rires), rien ne se passe jamais comme prévu (rires).
Retrouvez ici en vocal l’interview exclusive de Pascal :





