Francis Dumasdelage / François Biais-Sauvêtre : « L’ambition de L’Alterna SPVB est de… »

9 janvier 2026

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Ils sont depuis peu, à la tête d’un club historique du volley français, un club qui fait vibrer Poitiers et toute une région : l’Alterna Stade Poitevin Volley. Deux co-présidents, Francis Dumasdelage et François Biais-Sauvêtre, unis par la même passion et la même ambition : faire grandir le SPVB et l’installer durablement au plus haut niveau. Entre tradition et renouveau, le club avance avec une vision claire : former, fédérer, et performer. Dans cette interview exclusive, ils reviennent sur leur parcours, les valeurs du club, et leurs objectifs pour l’avenir, un projet ambitieux porté par une équipe dirigeante déterminée à faire briller Poitiers sur la scène nationale du volley.

Francis, François, merci de nous accueillir pour cet entretien avec 5by5, pouvez-vous, vous présenter pour commencer ?

François B-S : « Bonjour, je suis François Biais-Sauvette, et je suis l’un des deux co-présidents de l’alterna Stade Poitevin Volley depuis maintenant un mois. J’étais auparavant vice-président depuis quelque temps, et suite à la dernière assemblée générale de fin novembre, je suis devenu président aux côtés de Francis Dumasdelage.

Francis.D : « Francis Dumasdelage, le deuxième co-président du club depuis un mois maintenant. »

Si on parle de vous en général, est-ce que vous pouvez nous parler de votre parcours avant d’arriver à la présidence de l’Alterna Stade Poitevin ?

Francis.D : « Moi, j’étais partenaire du club depuis 20 ans. Mes parents et mon frère étaient bénévoles, donc je connaissais le club, mais plutôt de l’extérieur, pas vraiment de l’intérieur.

Il y a trois ans et demi, lorsque le club traversait une période difficile, nous sommes venus, avec François, pour aider à le redresser. À ce moment-là, nous ne pensions pas que le chantier serait aussi important. Progressivement, nous nous sommes investis davantage, jusqu’à prendre aujourd’hui la présidence tous les deux.« 

François B-S : « Alors moi j’étais très plutôt au football puisque j’ai joué au football et puis j’ai fait un mémoire de d’expertise comptable sur le football donc c’est ce qui me m’intéressait éventuellement de reprendre un club de foot, et puis c’est vrai que l’opportunité est venue avec cette reprise en mai 2022, changement de direction, on a fait appel à nous parce que nous étions d’anciens chefs d’entreprises qui venions juste de vendre notre entreprise et donc on était avec le regretter Daniel Vergne, nous étions trois pour pour venir un petit peu au secours d’un club qui effectivement était au bord du dépôt de bilan et donc on a ce parcours commun même si Francis et moi-même on se connaissait auparavant bien évidemment. »

Qu’est-ce qui vous a motivé à reprendre la présidence du club ?

Francis.D : « Ce qui nous a motivés, je dirais, c’est la continuité de ce que nous avions commencé il y a trois ans et demi. Il n’était pas question que tout s’arrête. Ni François ni moi ne recherchions la présidence du club à l’origine, nous occupions des fonctions bien définies de vice-présidents mais un club comme l’Alterna SPVB se gère aujourd’hui comme une véritable entreprise, avec une présence quotidienne aux côtés des équipes.

Le club compte plus de 25 salariés, entre les joueurs et tout l’environnement qui les entoure. Il était donc nécessaire de franchir cette nouvelle étape, sans abandonner un club que nous avions déjà en partie sauvé, mais qui restait encore fragile.

Aujourd’hui, nous entrons dans une nouvelle phase, avec une ambition renouvelée et affirmée pour l’avenir.« 

Comment peut-on décrire aujourd’hui l’état actuel du club sur le plan sportif et institutionnel ?

François B-S : « Sur le plan sportif, on peut considérer que le club est à une bonne place à la cinquième, sixième place puisque aujourd’hui on est capable avec cette place là, de jouer les play-offs, simplement nous on essaye d’être dans les quatre premiers. C’était l’objectif de début de saison parce que quand on est 4e on a un avantage en play-offs, lorsqu’il s’agit de jouer le troisième match donc je pense que c’est à la portée de l’équipe. Le seul souci que l’on a, il est majeur, c’est qu’en fait, on a eu beaucoup de blessés depuis le début de saison et que trois potentiels joueurs qui étaient dans l’équipe type, n’ont pas pu jouer à leur véritable niveau depuis le début et ce qui fait qu’aujourd’hui on peut considérer que cinquième, c’est une bonne place par rapport à ça, à cette constatation-là mais c’est vrai qu’aujourd’hui, on aurait eu certainement ses joueurs en plus depuis le début de saison, je pense que l’on ne serait pas 5e, on serait bien mieux classé. »

Le club a connu plusieurs cycles ces dernières années, quels sont selon vous, les principaux défis à relever ?

Francis.D : « Le premier défi que nous avons relevé a été, à mon avis, de redresser le club.

Le deuxième défi a été de trouver un “nameur”, ce qui a été réalisé avec l’Alterna et Sorégies, qui ont renouvelé leur partenariat jusqu’en 2030.

Le troisième défi, que nous menons avec Cédric Hénard, est de professionnaliser le club dans toutes ses missions et fonctions : sportives, commerciales, marketing ou animation.

Et le défi de demain sera d’attirer davantage de partenaires privés et d’instaurer ici, dans la salle Lawson-Body, des matchs à guichet fermé, année après année. »

L’Arena, c’est un rêve bien sûr puisque ça permet effectivement de développer l’affluence… »

Comment analysez-vous le début de saison de l’équipe sur l’aspect sportive avec les matchs à l’Arena notamment ?

François B-S : « L’Arena, c’est un rêve bien sûr, car elle permet de développer l’affluence. Mais, comme le disait Francis, nous avons aussi l’obligation de rendre le volley encore plus attractif. Personnellement, je considère que le volley n’a pas encore sa place parmi les meilleurs sports collectifs et qu’il faut travailler pour l’y amener.

Le fait d’avoir recherché un “nameur” est, à mon avis, une initiative particulièrement intéressante et probablement appelée à être imitée par d’autres clubs. Cela ouvre des perspectives et peut aider à donner au volley une image nouvelle, que nous n’avons pas encore.

Concernant l’Arena, l’an dernier ce fut un très beau succès, notamment lorsque Earvin Ngapeth était là. Cette année, le succès a été plus modéré, avec un premier match contre Montpellier et un deuxième en Coupe d’Europe, malgré un très bon match. Ces rencontres ont eu lieu en semaine, ce qui complique l’affluence. Aujourd’hui, le modèle de l’Arena doit donc être peaufiné pour notre niveau.

C’est pour cela que nous privilégions actuellement le Lawson-Body, complet à guichet fermé, comme le dit Francis. Cette salle, un vrai chaudron, permet de réunir un public nombreux et enthousiaste, en attendant peut-être de développer des enceintes plus importantes. Cela permettrait d’améliorer l’image du volley, d’attirer davantage de public et, sportivement, de viser régulièrement le top 3 du championnat de France, ce qui attirerait les plus grandes affiches.« 

En général, quelle place occupe aujourd’hui l’Alterna Stade Poitevin dans le volley français ?

Francis.D : « Aujourd’hui, dans le volley français, on peut dire qu’il y a trois grandes équipes qui dominent depuis plusieurs années : Tourcoing, Montpellier et Tours. Tours domine depuis maintenant une quinzaine d’années, et on pourrait considérer que c’est un modèle pour nous, tout comme Poitiers l’a été pour eux il y a 25 ans.

Il s’agit pour nous de s’inspirer de ce que font ces équipes, sans les copier, et de devenir, nous aussi, une de ces quatre équipes rapidement, comme le disait François tout à l’heure, afin de figurer durablement dans le top 4 français.

François B-S : « Faut se rappeler quand même qu’on part de loin : ces équipes-là, elles sont au firmament du volley national depuis longtemps, nous il y a quand même trois ans et demi, on était au bord du dépôt de bilan avec une équipe qui en fait, changer régulièrement chaque année, on essayait de se maintenir, on avait de temps en temps les playoffs mais pas tout le temps, aujourd’hui on est entré dans un cycle pérenne de playoff, c’est à dire d’équipe quand même au top, juste derrière ces trois. Et c’est vrai que, si on peut dire dans la progression par rapport aux autres clubs, on est quand même à mon avis le club qui a le plus progressé en Marmara Spikeligue depuis longtemps. »

C’est quoi l’ambition de l’équipe ?

Francis.D : « Notre ambition, enfin ce que l’on a affiché, c’est d’être européen en 2028, l’ambition 2028 qui a été remis, on va dire sur cinq ans en 2025 et 2030, c’est d’être résolument européen. Être résolument européen, c’est de finir dans les cinq six premiers et comme disait François tout à l’heure, on doit revenir dans les quatre premiers pour jouer les play-off chaque année, et faire les matchs à domicile et recevoir en demi-finale,etc…donc il y a toute cette ambition là qui font que, si un jour on est champion de france, ce n’est pas l’objectif à court terme, ça serait une conséquence de ce que l’on aura mis en place. »

Y-a t’il une stratégie particulière par rapport au club au niveau des partenaires, au niveau des supporters ?

François B-S : « Les partenaires, et les supporters, c’est qu’ils deviennent de plus en plus nombreux à chaque fois. On est passé de 250 abonnés l’année dernière à 350 cette année, donc on voit bien que les abonnés aujourd’hui se prêtent au jeu. Les partenaires privés lorsqu’on a repris le club il y a 3 ans et demi, il y avait 70 partenaires privés. Maintenant il y en a 150 et on va passer dans les années à venir à plus de 200 partenaires. On a aussi une stratégie puisqu’on a des nouveaux locaux pour pouvoir recevoir les partenaires qui vont être opérationnels à partir de janvier, février. C’est tout l’environnement autour de la salle qui est important dans notre stratégie aujourd’hui. »

Et pour finir cet entretien, pourquoi être 2 présidents ? Quel est votre rôle ?

« Tout d’abord, nous ne voulions pas être présidents seuls, peut-être pour ne pas revivre certaines difficultés que l’on peut rencontrer lorsqu’on dirige une entreprise seul, comme nous l’avons vécu il y a quelques années. Ensuite, nous sommes assez complémentaires : chacun a ses domaines de prédilection, même si parfois nous devons nous retrouver pour partager certaines décisions.

Globalement, je m’occupe plutôt des aspects financiers et de l’organisation générale, tandis que Francis se concentre sur les partenariats et la billetterie. Nous partageons ensemble tout ce qui concerne les relations avec les institutionnels, particulièrement importantes, et qui nous font confiance depuis notre élection à l’assemblée générale il y a un mois.

Cette confiance s’est traduite par des mesures en notre faveur, longtemps attendues, comme la mise en place d’une bodega pour les supporters. Nous avons également la possibilité à terme de jouer à l’Arena pour les matchs de Coupe d’Europe, ce qui sera un point particulièrement important.

Enfin, nous attendons depuis longtemps la rénovation de la salle Lawson-Body, car elle n’est actuellement pas accréditée pour accueillir des matchs de Coupe d’Europe. Cette rénovation permettra de répondre à ce besoin et de rendre nos ambitions européennes pérennes. »

Un grand Merci à François et Francis pour cet entretien exclusif !

Revivez l’entretien avec les co-présidents comme si vous y étiez en vocal :

Auteur
Mallory

Mallory

Passionné par le sport et la communication sportive, Mallory est depuis 2014 responsable du site 5by5.fr. N'hésitez-pas à le contacter pour une demande d'interview ou pour toutes autres demandes en rapport avec 5by5 !